JOURNAL «L’AUTOGRAPHE » n°15 parue vendredi 1er juillet 1864 - Lot 171

Lot n° 171
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JOURNAL «L’AUTOGRAPHE » n°15 parue vendredi 1er juillet 1864 - Lot 171
JOURNAL «L’AUTOGRAPHE » n°15 parue vendredi 1er juillet 1864 vendu 60 centimes Ce document publie de nombreux manuscrits et notamment la copie de la dernière lettre particulièrement émouvante que Marie Antoinette a écrite à sa sœur Mme Elisabeth le 16 octobre à 4h 1/2 du matin juste avant son départ pour l’échafaud. Transcription de la lettre de Marie Antoinette à sa belle-sœur Mme Elisabeth 16 octobre 1793 à 4h1/2 du matin C'est à vous que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamné, non pas à une mort honteuse, elle n'est honteuse que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants. Vous savez que je n'existais que pour eux. Et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous. Dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas, ! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra, recevez pour eux ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer ; que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur ; que ma fille sente qu’à l’âge, qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils à son tour rende à sa sœur, tous les soins, les services que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que dans quelques positions ou ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union, qu'ils prennent exemple de nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolation et dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami et où on trouvait de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort. J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine. Pardonnez-lui ma chère sœur, pensez à l’âge qu'il a et combien il est facile de faire dire à un enfant ce que l'on veut et même ce qu'il ne comprend pas, un jour viendra, j'espère, où il ne comprendra que mieux, tout le prix de vos bontés et de votre tendresse. Pour tous deux et ne reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès, mais outre qu'on ne me laissait pas écrire la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps. Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevé et que j'ai toujours professer, n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas qu'il existe encore ici des prêtres de cette religion., et même le lieu où je suis les exposerait trop, si ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j’existe. J'espère que dans sa bonté il voudra bien recevoir mes derniers vœux ainsi que ce que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et vous, ma sœur en particulier ; de toutes les peines que sans le vouloir j'aurais pu vous causer ; je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et tous mes frères et sœurs. J'avais des amis, l'idée d'en être séparé à jamais, et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant, qu'ils sachent , du moins, que jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux. Adieu ma bonne et tendre sœur, puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur ainsi que ces pauvres et chers enfants : Mon Dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions. On amènera peut-être un prêtre. Mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot et que je le traiterai comme un être absolument étranger. Marie Antoinette
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